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Sophia Chikirou: la Franco-Algérienne qui chuchote à l’oreille de Jean-Luc Mélenchon

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Sophia Chikirou: la Franco-Algérienne qui chuchote à l’oreille de Jean-Luc Mélenchon

Directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, la jeune franco-algérienne Sophia Chikirou a revivifié la carrure du candidat aux présidentielles de la France insoumise. Indubitablement, “l’homme en colère” de la gauche française est en marche de troubler le panorama politique de la France et de déjouer les prévisions au point où sa qualification au second tour n’est plus un secret pour personne et sa victoire finale dorénavant une hypothèse sérieusement envisagée. Elle est, dit-on, celle qui chuchote à l’oreille du patron de la France Insou­mise.

L’homme porte toujours le plan d’une “révolution citoyenne”. Mais il le défend avec moins de “bruit et de fureur” inversement à 2012. C’est qu’il a bien changé au cours de ces derniers mois. Moins belliqueux. Plus poli et plus calme. Une “figure rassurante”, admet-il. Le rigoureux prof de philo, à l’éloquence toujours culminante et dédaigneuse de la “pipolisation” de la vie politique, se laisse filmer dans sa cuisine, parlant de sa recette minceur de salade au Quinoa. Ne lui parlez plus jamais de quinoa (sauf si vous aimez vous faire rabrouer). Non pas que Sophia Chikirou, directrice de la communication de Jean‑Luc Mélenchon, ait un grief personnel contre cet aliment latino-américain, très bon pour la santé et alternative intéressante aux protéines carnées. Mais voilà, quand on l’a interrogée sur son rôle dans la modernisation et l’adoucissement de l’image du candidat de la France insoumise via cette fameuse vidéo de Gala, la réponse fut cinglante : “C’est n’importe quoi. C’est du storytelling, des histoires que l’on raconte aux lecteurs. Parfois, je me prête au jeu, parfois non. Cela dépend de la relation que je peux avoir avec les gens.”

Entrée au PS dès ses 18 ans, passée par science po Grenoble, celle qui prépare par ailleurs un docto­rat de litté­ra­ture et termine l’écri­ture d’un roman, ne partage pas que l’amour de la langue avec son mentor, lui même licen­cié de philo­so­phie et de noto­riété publique orateur hors pair. Elle est, à son image, une nature char­mante, mâti­née d’une redou­table intel­li­gence, d’un humour caus­tique et d’une force de convic­tion à toutes épreuves.

Animée par trois combats -le fémi­nisme, la laïcité et  l’amour de la répu­blique-,  cette auteure de l’ouvrage Ma France laïque paru aux Editions de la Marti­nière, n’a par ailleurs de cesse que de nour­rir sa curio­sité, semble-t-il avec succès. A la fois très belle et tout à fait inflexible, les aspi­rants à une inter­view de Mélen­chon ont bien compris aujourd’hui qu’ils ne pour­raient se passer de ses faveurs. Et Sophia, aussi souple et accom­mo­dante soit-elle, possède, dit-on, sa liste noire de ceux qu’elle ne veut pas voir appro­cher l’aspi­rant président.

A bientôt 38 ans – elle en paraît facile dix de moins –, cette originaire de Haute-Savoie, née de parents kabyles, a compris l’impact et l’utilité que pouvaient avoir les réseaux sociaux, les outils digitaux, bref, le web, pour une campagne présidentielle. Surtout quand, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon, après “le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas” de 2012, on souhaite, en 2017, incarner “le peuple contre l’oligarchie”, impliquer au maximum les citoyens – cf. la volonté du député européen de mettre en place une assemblée constituante pour réécrire la Constitution – et, qu’a fortiori, on risque “l’invisibilisation (médiatique – ndlr), le dénigrement, et les attaques”.

Tout cela, elle a pu le constater, ou plutôt prouver cette intuition, en suivant en Espagne le parti Podemos, mais aussi en participant pendant quatre mois aux Etats-Unis à la campagne du socialiste Bernie Sanders – une affiche de l’Américain est d’ailleurs exposée dans son bureau, non loin d’un poster collector du meeting holographique de Jean-Luc Mélenchon produit par la boîte de communication qu’elle a fondée, et qui, début février, leur a permis “d’exister”, de ne “pas couler” et de donner un souffle nouveau à la France insoumise. Elle a beaucoup appris sur place, rendant compte à Jean-Luc Mélenchon de ce qu’elle expérimentait, voyait, analysait. De quoi inspirer leur campagne en France mais aussi confirmer l’idée, vu la défaite de Sanders, que “jamais de la vie” il ne fallait participer à la primaire de la Belle Alliance populaire.

Cette transfiguration permet à Jean-Luc Mélenchon d’élargir ses horizons et de s’imposer désormais comme le leader de la gauche a un nom : elle s’appelle Sophia Chikirou, sa conseillère en communication, avec laquelle il est en osmose. Elle est la “bonne fée”, jugent les médias. Elle est la démonstration que le fort en gueule sait aussi écouter. Qu’il est perméable à la parole intelligente. Les deux ont en commun d’avoir coupé les ponts avec le Parti Socialiste, presque en même temps. Jean-Luc Mélenchon en 2008 après avoir déjà rompu avec le Parti Communiste en 1977.

 

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