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Vers le démantèlement du système Bouchouareb

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Vers le démantèlement du système Bouchouareb

L’évaluation de la filière du montage de véhicules a fait ressortir qu’il existe une forme d’importation déguisée et que le taux d’intégration nationale n’a pas atteint l’objectif escompté, a accusé le ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda.

L’ex-ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, a visiblement du souci à se faire. Éjecté du gouvernement lors du dernier remaniement, il fait, depuis, l’objet de critiques. Il est ciblé non seulement par l’opposition, mais aussi et surtout par le nouveau gouvernement. Il est épinglé notamment sur la politique industrielle, particulièrement dans le domaine de l’automobile. Son successeur au poste, Mahdjoub Bedda, ne se gêne pas pour dire publiquement tout le mal qu’il en pense.

Hier, en marge de la cérémonie de clôture de la session parlementaire, il s’est ouvert à la presse. L’accusation qu’il a dégainée est d’une gravité telle qu’elle devrait donner lieu à l’ouverture d’une information judiciaire, pour le moins. En effet, le ministre de l’Industrie et des Mines a soutenu que “l’activité de montage de véhicules en Algérie était devenue une forme d’importation déguisée”. Mahdjoub Bedda a la preuve faite de ce que l’activité de montage n’a pas été bien pensée, encore moins bien managée, puisqu’il se réfère aux résultats d’une évaluation. “L’évaluation de la filière du montage de véhicules a fait ressortir qu’il existe une forme d’exportation déguisée et que le taux d’intégration nationale n’a pas atteint l’objectif escompté”, a-t-il dit. Argument à l’appui, Bedda n’hésite pas à accabler davantage son prédécesseur.

Selon lui, l’évaluation préliminaire effectuée par le ministère concernant cette activité (montage de véhicules, ndlr) relève plusieurs dysfonctionnements dont le prix exorbitant des véhicules par rapport aux années précédentes. “Il est nécessaire de mettre un terme au mode actuel de production dans ce secteur, étant donné que la majorité des entreprises de montage de véhicules n’a pas atteint les objectifs assignés, notamment en matière d’intégration nationale”, a souligné encore le ministre qui, au passage, a fait remarquer que “le trésor avait des manques à gagner, outre le fait que les projets actuels de montage de véhicules n’avaient pas réussi le nombre d’emploi fixé”.

Ce constat d’échec de la gestion de Bouchouareb établi, le ministre de l’Industrie a informé qu’il va revoir le dispositif réglementaire régissant l’activité. “La situation actuelle exige la révision du règlement régissant cette activité en vue d’encourager la création de PME spécialisées dans les industries et les services y afférents”, a-t-il souligné, précisant, toutefois, que “ce constat ne signifie aucunement l’abandon de la filière de l’automobile, qui demeure essentielle pour le secteur. Cependant, nous devons revoir la réglementation de cette filière de façon à lui assurer la pérennité et ouvrir la voie aux équipementiers, aux fabricants de pièces détachées et aux entreprises de sous-traitance”. La critique que Bedda a formulée à l’encontre de son prédécesseur ne se limite, cependant, pas à la seule gestion du secteur de l’automobile. Elle s’étend pour englober le foncier
industriel.

Dans ce dossier également, Bedda se montre insatisfait du travail fait par Bouchouareb. Aussi a-t-il informé hier qu’une commission interministérielle se penche déjà sur la révision des modalités d’octroi du foncier industriel. La commission en question, a précisé le ministre, regroupera des représentants de trois départements : l’Industrie, l’Intérieur et les Finances. Cette révision, ajoute encore Bedda, permettra de mettre en place un dispositif qui fera profiter aux “vrais investisseurs”. Autrement dit, le dispositif de Bouchouareb n’a pas profité qu’aux vrais investisseurs, du moins, il présenterait des failles dans lesquelles pourraient s’engouffrer des investisseurs non méritants.

par Sofiane Aït Iflis

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